Le trail de la côte d’opale

Le trail de la côte d’opale

Une semaine après le 10km de la braderie, direction Wissant, avec la voiturette chargé de vivres, mais aussi de quoi habiter le camping municipal, le temps d’une nuit qui sera plutôt courte, veille du départ oblige. Le réveil sonne, j’enfile le jogging et hop c’est parti pour un réveil sous la forme d’une série de mouvements tirés tout droit du Japon, du tai-chi en somme, objectif bailler et verser quelques larmes. Un petit thé, des biscuits, une banane, les clochettes au pied, le drapeau (tibétain) sur le dos, c’est parti, direction la plage en compagnie d’Amandine, ma compagne.
Ceux du 62 km sont déjà partis depuis une petite heure, celles et ceux du 18, 31 et 42 km s’échauffent ou patientent, il y a le soleil, la mer, un ulm dans le ciel, le blanc nez en vue, les derniers échanges avec les proches, et puis « pan », musique et départ de tous.
Je parcours les premiers mètres avec des belges de Mouscron. Ils formaient un binôme car l’un des deux a des gros problèmes de vue, je discute avec eux de Gilbert et Josine de la fraternité ouvrière à Mouscron (superbe jardin d’une densité au m2, record, à visiter). On se quitte à Escalles, ils me disent « merde » pour ma course, eux filent sur le 18 et moi je pars seul vers le 42, je ne vois pas grand monde autour de moi, ils sont déjà tous devant. Mon départ est très prudent, car il fallait prendre soin du syndrome de l’essuie glace, combattu avec fermeté cet été.
Première difficulté, une petite côte que l’on ferait bien en courant mais il faut suivre la stratégie de la tortue et non pas celle du lapin, les spectateurs en demandent plus, du coup je leur explique que j’ai promis à mon kiné, à mon genou, à d’autres encore d’y aller cool, et puis à moi je me suis promis d’aller au bout, alors je respecte ce rythme. Je marche rapide en côte, je bascule dans la descente en courant.
On passe dans la campagne derrière Wissant, je surprends et je ne suis pas le seul, un jeune couple au beau milieu du chemin, en train de se ranger et ranger leur bivouac d’une nuit, pile poil la où passe le 42 et le 18. Je les remercie pour cette rencontre impromptue.
De retour sur Wissant, avec les six premiers du 18 km, que j’encourage et que je ne suis, surtout pas, je cherche ma compagne, elle arrive en courant, elle a failli me louper, on court ensemble jusqu’à l’entrée des dunes et je disparais dans les méandres sableux. Je teste la marche rapide et conclut que trottiner est préférable, je ferai à nouveau le test, pour confirmer.
Encore trente kilomètres à courir, les dunes, un bout de plage, des chemins de campagne, vue sur le blockaus-musée à deux pas du gris nez, petit bout de bois, à nouveau dans la champs, et ravito à Audresselles (terre intérieur). Cela signifie la moitié parcourue, 21 km. Je fais un check-up corporel, je vais voir les kinés, je leur dis à propos d’une tension à mon ischio droit, ils m’étirent, me posent un strap bleue, qui se décollera assez vite, la faute à l’huile mise le matin sur les jambes. je retiens donc de ne jamais mettre d’huile sur ses jambes si on veut être soutenu par des straps. Je demande un téléphone pour prévenir Amandine que tout va bien, que je continue. Je confirme mon heure d’arrivée. Je fais le plein de liquide et solide et c’est reparti !
Direction Ambleteuse, superbe passage de 3 km dans les dunes, puis plages de sable et galets, j’arrive au fort d’Ambleteuse avant que le parcours ne soit détourné pour cause de marée montante. De ce passage, je sors les pieds trempés, la digue puis à nouveau plage de galets, la digue d’Audresselles, je fais un stop pour rafistoler mon bandage qui me fais du bien, et je repars sur le chemin côtier direction le gris nez. Ici la vue est grandiose, du 16/9 éme version nature, vue sur la manche, sur les côtes, sur les ferrys et autres portes containers, du longe côte les pieds sur terre. Je cours avec des coureurs du 62 km depuis un bon moment, je suis sur le même rythme qu’eux mais ils en ont 20 de plus que moi dans les jambes. Je vois un coureur qui n’est pas bien, je m’arrête et lui propose mon paracétamol, il a mal au ventre et moi je n’ai que ça ! je le soutiens un temps et puis je repars. J’ai envie d’être coureur-secouriste sur ces courses, capable d’apporter un soin ou du réconfort à l’autre. Toujours une trousse à pharma sur soi ! Le gris nez passé, la vue sur Wissant s’offre à nous, j’ai la forme, j’échange des sourires et des politesses avec des coureurs, manière de s’encourager les uns les autres !
La plage est la, mais la mer aussi, il faudra finir les pieds dans l’eau, le sable qui se glisse au fond des chaussures, s’arrêter une fois, vider les chaussures, repartir, se méfier des galets, slalomer entre les pêcheurs, remettre les pieds dans l’eau, jouer avec les vagues et la un coureur qui prend un bon bain avant de finir.
Je vois l’escalier au bout de la digue, il ne reste plus grand chose, Amandine est la, je vois que l’ambiance est festive, je sens que les encouragements s , je sors le drapeau, le vent me le ramène dans la figure, je le reprend à main. J’arrive au pied de l’escalier et beaucoup de spectateurs nous encouragent à le monter.
Un fois en haut, je fais bonne figure aux yeux d’amandine, je la sens émue et moi je suis heureux qu’elle soit la, j’ai aimé la voir m’accueillir du regard, je regrette déjà ce passage, y retourner ? Non et nous voila partis à deux à courir sur la digue.
Me voila arrivé, on me met une médaille de finisher autour du coup et je pars faire une multitude de mélanges liquides pour récupérer. Pour repartir dans de bonnes conditions, je profite d’un chouette massage par une kiné, ça fait du bien, surtout au tendon d’achille, que je découvre un peu plus grâce à cette course.
On finira dans un troquet de Wissant à manger quelques frites, avant de se remettre en route pour Lille. Dans ce troquet, la serveuse me voit arrivé avec les jambes tel un coureur qui a couru, elle me décrit les plus rocambolesques vue ce jour, à ses yeux, dont un avec un drapeau avec deux lions, c’était moi ! on en rigole, elle me tient ainsi un bon bout de temps et ça me vaudra une assiette de frite offerte en échange d’avoir sur recevoir son franc parler.
Mon résultat est 6H13 et des secondes pour les 42 km, moyenne de 7km/h environ, je suis content d’avoir été prudent, d’être aller au bout.

Quelques instants avant le départ !

Autosave-File vom d-lab2/3 der AgfaPhoto GmbHAvant départ Trail côte d'opale 42 km

Dans les dunes, derrière Ambleteuse, peu avant de retrouver le fort, avec de l’eau jusqu’au genou, 30éme km environ.

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Sur la plage, l’eau finira par rentrer dans les chaussures et consolidera le sable à l’intérieur.
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Je vous jure que je suis parti prudemment, le dernier, je vous dis !

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